Performances énergétiques et construction durable en quelques mots…

Aujourd’hui, architectes, entrepreneurs, industriels, maîtres d’ouvrages et politiques ne peuvent ignorer l‘importance des enjeux en ce qui concerne l’acte de construire ou de rénover afin de réduire au maximum les effets négatifs sur l’environnement. Les nouvelles démarches environnementales concernent tous les secteurs économiques et en particulier celui du bâtiment.

 Le défi est de taille, nous devons y répondre en progressant constamment dans notre démarche.

C'est pourquoi nos projets font l’objet d’une attention particulière en ce qui concerne les critères de performances énergétiques en vue de réaliser des rénovations (dans le cas de transformations lourdes) et des constructions basses énergies[1] ou passives[1] et cela suivant une démarche architecturale cohérente et actuelle tenant compte du contexte, du programme, du budget, de la sensibilité et des aspirations des futurs occupants…

Une formation théorique et pratique nous a permis d’acquérir une bonne maîtrise en la matière. La formation est continue, et chaque projet est pour nous l’occasion d’en découvrir d’avantage. Avec des entreprises compétentes, les meilleurs objectifs seront atteints.

La construction durable s’articule autour des axes suivants :

  • Premièrement la conception (élaboration des plans, études, des cahiers des charges et chantiers). Il faut mettre l’effort prioritairement dans la conception des constructions dans le but de rechercher l’efficience optimale visant à réaliser des bâtiments le moins énergivores possible. Eviter au maximum les déperditions thermiques et bénéficier des ressources naturelles (ensoleillement). On peut alors associer aux bâtiments conçus dans cette optique les techniques efficaces de sources d’énergie (panneaux solaires, puits canadien, pompes à chaleur, cogénération biomasse…).
  • La réduction des dépenses en énergie, qu’il s’agisse de l’énergie grise dépensée en amont pour la fabrication et/ou l’extraction des matériaux, leur transport et leur mise en œuvre, ainsi que de l’énergie d’exploitation (utilisation du bâtiment).

Une bonne orientation permettant les apports de chaleur et de lumière naturelle (bio climatisme, sous nos latitudes, les apports énergétiques d’un mètre carré de vitrage orienté au sud entre octobre et mai équivaut à 45 litres de mazout, 1 mètre carré orienté est ou ouest équivaut à 30 litres de mazout). Un haut niveau d’isolation sans pont thermique, une étanchéité à l’air maximale et continue couplée à une ventilation double flux à récupération de chaleur. Grâce à la ventilation mécanique contrôlée, il est possible de bénéficier en permanence d’un renouvellement d’air tout en récupérant 90% des calories de l’air rejeté (échangeur de chaleur à flux croisés). Le débit d’air frais est minutieusement calculé. Il sera toujours permis d’ouvrir les fenêtres pour le plaisir, pas par nécessité…

Des systèmes de chauffe et d’éclairage optimalisés, des équipements électroménagers à faible consommation d’énergie, voilà en quelques mots les grands principes qui doivent permettre de réduire au maximum les besoins énergétiques d’un bâtiment.

Le développement de sources d’énergies vertes et leurs utilisations s’imposent utilement dans cette démarche.

  • Eviter les surchauffes par un système d’ombrage grâce à des débordements de toiture, des volets extérieurs, des écrans souples ou encore de grandes voiles tendues aux endroits clés, soit encore par de l’ombre qu’offre un arbre qui perdra ses feuilles en hiver et laissera les rayons du soleil entrer tandis qu’en été, l’écran de verdure fera barrage aux rayonnements trop chauds.
  • Le choix des matériaux et des techniques. Les nouvelles préoccupations en matière d’impact sur l’environnement, la santé et le bien-être dictent subtilement les choix des matériaux nécessaires à la construction. Ils seront issus de ressources renouvelables et de cycles de productions courts. Ils seront recyclables, moins énergivores, moins consommateurs d’eau et le moins polluants possible. Dans cette logique, on pourra privilégier l’usage de matériaux de proximité, réduire les déchets et maîtriser leur élimination (filières sèches, préfabrication en atelier, tris et recyclage des déchets…).

Les techniques utilisées : pompe à chaleur à haut rendement, ventilation à récupération optimale de chaleur, récupération des eaux de pluies, lagunages, éléments d’ombrage naturels ou artificiels.

  • L’approche rationnelle. Privilégier les meilleurs emplacements sur site afin de réduire les impacts liés à la construction, concevoir des bâtiments évolutifs qui pourront s’adapter au mode de vie changeant de leurs occupants. Eviter toute perte d’espace ou tout artifice dépourvu de sens. On rejoint ici l’approche au niveau urbanistique et la réflexion qui devrait s’imposer lors de l’élaboration de nouveaux lotissements ainsi que lors de développements de quartiers (impacts sur le paysage, gestion raisonnée des déplacements, cohabitation des activités, optimalisation des réseaux de distribution…).
  • La réalisation de jardins et de parcs écologiques afin de respecter et de favoriser la biodiversité de la faune et de la flore devrait aussi être entrepris dans l’esprit du développement durable. La création de prairies fleuries, de zones de friches permettant l’arrivée spontanée de fleurs locales, de potagers, de marres, de haies mixtes ainsi que la plantation d’arbres (fruitiers ou d’ornement) en sont les moyens.

Illustration des principes énoncés ci-dessus avec la construction en bois

Sans écarter les modes constructifs en "dur" (blocs terre-cuite, blocs silico-calcaire, béton cellulaire) qui, mis en œuvre avec une bonne isolation, restent tout aussi valables, les applications du bois, nombreuses et variées, offrent une grande liberté d’expression architecturale bien loin de certains clichés d’un autre âge. 

Le bois est un merveilleux matériau naturel, renouvelable, recyclable, de plus la filière-bois permet l’approvisionnement en bois certifiés (PEFC ou FSC) à partir de forêts européennes durablement gérées assurant son renouvellement en quantités suffisantes. Rappelons aussi que le bois est un fabuleux piège à carbone.

Différents systèmes constructifs en bois existent (poteaux-poutres, bois-massif, panneaux massifs ou ossature-bois).

La construction en bois ont fait leurs preuves notamment dans le Vorarlberg en Autriche depuis les années 1960 déjà (cf. Vorarlberg une provocation constructive, ou l'ouvrage de Dominique Gauzin-Müller: L'architecture écologique du Vorarlberg, éd. Le Moniteur).

Enfin outre les excellentes propriétés mécaniques faisant du bois un matériau écologique parfaitement adapté aux structures (bois massif, lamellé-collé, panneaux contrecollés...), et à l’isolation, le bois offre par son aspect, sa « chaleur », son toucher et sa diversité de teintes naturelles d’innombrables possibilités d’aménagements intérieurs. L’usage du bois à l’extérieur permet aussi de nombreuses applications techniques et esthétiques (menuiseries extérieures, bardages, shingles…).

Grâce à l’utilisation du bois, l’architecture trouve de nouvelles expressions contemporaines, loin des clichés, permettant son épanouissement au service de l’homme soucieux du développement durable.

Arnaud de Hemptinne
Nathalie Grégoire

 [1] Le contrôle : actuellement, à l’inverse des constructions passives, il n’existe pas de certification pour les bâtiments dits « basses énergies ». Afin de répondre au mieux aux critères de performances énergétiques, nous imposons dans nos cahiers des charges des seuils à atteindre en termes d’isolation et d’étanchéité à l’air. Ce contrôle sera réalisé lors des examens d’étanchéité à l’air par thermographie infrarouge et infiltrométrie (essais de pressurisation ou « blower door test »). Cela consiste à mettre la maison en surpression et en dépression afin de mesurer l’étanchéité à l’air. L’isolation est contrôlée avec une caméra thermique. Ces tests permettent de vérifier les résultats atteints et d’apporter les corrections utiles avant les finitions. [Retour au texte]


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